On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé.
C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.
- Alfred Musset, On ne badine pas avec l’amour
Descartes, dans la fougue de sa jeunesse, nous invitait à nous rendre comme « maître et possesseur de la nature ». Cinq siècles plus tard, ce désir prend toujours un peu plus de place dans l’esprit des hommes.
On bâtit des villes à partir de rien ; on rend féconde des terres stériles ; on abreuve d’eau des contrées arides ; on donne naissance à des êtres, à des clones, à des machines.
Bref, les progrès techniques ont développé chez l’Homme de l’arrogance ; ce n’est pas rien de se mesurer à Dieu ou, enivré par le savoir et la connaissance, de se prendre pour Dieu.
D’où nous vient cet insatiable désir de contrôle ? Cette force aveugle, qui nous pousse à nous raccrocher à notre univers crée de toutes pièces ?
Certains, l’expliquent par la peur de l’inconnu, de l’incontrôlable. Pour d’autres, c’est la peur de soi et le manque de confiance que l’on accorde aux autres ; comme si en se rendant maître de la nature, on se rendait, par la même occasion, maître de nos vies.
Mais nous ne sommes que de simples hôtes sur cette Terre qui, au gré des évènements, reprend le dessus sur nous, et nous obligent à rebâtir indéfiniment notre château de cartes.
Tel un joueur de poker, on nage dans l’incertitude ; bluff ou pas, la vie n’est pas un jeu.
Sourire, c’est parfois envelopper ses blessures d’une tendre douceur.
Quand on a beaucoup souffert et pleurer…sourire est cadeau.
Prends, je t’en prie, et fais sourire mes larmes.
L’enfance ne fut que le point de départ de cette quête d’aventures, de surprises et d’imprévus à la recherche de cet insatiable désir de liberté.
Nous sommes comme emporté par les tourbillons de la vie vers une destination qui nous est inconnue. Et la plupart des personnes ont besoin de bruits, de sursauts, de fêtes ; il ne leur faut aucune pause. Il faut qu’il y ait toujours du mouvement dans leur vie, pour qu’ils s’enivrent des plaisirs qu’elle offre, et ainsi, oublier la réalité des choses.
On passe notre temps à oublier que le temps passe. On sort, on boit, on fume, on baise mais surtout on laisse de côté les sentiments : on aime mal, ou à moitié ; on souffre et l’on met la faute sur les autres.
Sur le chemin sinueux qui mène à la mort, nous sommes en réalité seul. On se croit entouré mais la vie n’est que solitude, nous sommes côte à côte mais pourtant si éloigné.
Regardez ceux que vous aimez dans les yeux, vous verrez, vous n’êtes entouré que d’énigmes, que de mystères, tout autour de vous se trouvent des portes sans serrure ; des êtres qui ne vous appartiendront jamais, puisque la vie, vous les enlèvera bien assez tôt.
Quelle claque ! Je pense que ce film (Shame) qui traite de l’addiction sexuelle montre bien certains travers de notre société.
Dans notre vie le sexe est devenu omniprésent, on y est constamment exposé. Et une des conséquences, est ce trop plein de désir, cette recherche constante du plaisir rapide et cette insatisfaction qui lui fait suite ; hélas présente chez la plupart d’entre nous.
Enfin, ce film fait un constat affligeant : il y a de moins en moins d’amour dans nos relations, et nous devenons de plus en plus des automates, en laissant parler nos pulsions à la place de nos sentiments.
Des yeux pour pleurer, des lèvres pour sourire, des mots pour comprendre…
Dans le vide de certaines nuits, il est des silences qui nous parlent. Derrière nos masques se terrent nos souffrances, et notre liberté.L’humilité, notre première solitude…
Chère Cecilia,
L’histoire peut continuer, celle que j’avais projeté lors de cette promenade nocturne. Je peux redevenir l’homme qui a autrefois parcouru un parc du Suret vêtu de son plus beau costume, fier de ce que lui promettait la vie. L’homme qui dans l’éclat de la passion t’a fait l’amour dans la bibliothèque.
L’histoire peut continuer, je reviendrai, te retrouverai, t’aimerai, t’épouserai et vivrai sans honte.Atonement
Il lui semblait que telle qu’il l’avait aimée, elle n’était qu’un produit de son désir, de sa pensée abstraite, de sa confiance, alors que telle qu’elle était réellement, elle se tenait là, devant lui, désespérément autre, désespérément étrangère, désespérément polymorphe. Il la détestait.
- Milan Kundera, Risibles amours
The only people for me are the mad ones, the ones who are mad to live, mad to talk, mad to be saved, desirous of everything at the same time, the ones who never yawn or say a commonplace thing, but burn, burn, burn, like fabulous yellow roman candles exploding like spiders across the stars.
On the road
